Peu d’inquiétude pour les épargnants en assurance-vie

Dans sa quête pour réduire le déficit budgétaire, le gouvernement a annoncé vouloir mettre à contribution l’assurance-vie. Toutefois, les épargnants ne vont pas perdre beaucoup.

3,2 milliards d’euros, c’est précisément ce que le gouvernement souhaite récupérer en taxant le domaine de l’assurance. Même si l’assurance-vie est le placement plébiscité par un bon nombre de Français, il n’échappera pas à la règle. La plupart d’entre eux souscrivent à des assurances-vie multisupports, qui sont précisément visés par les mesures de l’Etat. L’encours de ces contrats représente 1 308 milliards d’euros, soit 59% de l’assurance-vie (chiffres issus de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances). Jusqu’à présent, ces contrats multisupports n’étaient soumis aux taxes sociales que lorsque l’on y mettait fin. Devant la manne financière qu’ils représentent, le gouvernement a décidé de les soumettre tous les ans aux prélèvements sociaux, au même titre que les contrats monosupport.
Si jusqu’ici personne n’avait pensé à taxer ces contrats, c’est parce qu’ils contiennent une partie de fonds en euros, mais que l’autre se constitue en actions, donc plus risquée.

Indolore pour les épargnants

Les économistes s’expliquent tous que cette mesure est dérisoire pour les épargnants. Ces derniers ne paieront pas davantage d’impôts, mais ils les paieront simplement plus tôt. Daniel Collignon, PDG Axéria Vie (filiale du groupe April) explique dans Le Monde : «Certes, les sommes prélevées ne produiront plus d’intérêts, mais l’impact sera négligeable, de l’ordre de 0,1 % des profits générés par le fonds en euros au bout de huit ans.». Cela représente pour le gouvernement une simple avance de trésorerie, d’environ 2 milliards d’euros l’année prochaine.

Il ne faut pas oublier que les assureurs vont eux aussi devoir payer une taxe. Cependant elle ne leur sera soumis qu’en 2011 et 2012, mais sera de 10%. Ce prélèvement sera effectué sur les plus-values que les assureurs réservent pour anticiper les trop grandes modifications des taux. Cela rapportera 1,4 milliards d’euros au pays. Même si cette mesure ne touche pas directement les assurés, elle va davantage influer sur la productivité de leur contrat. « Elle (cette taxe) va renchérir le coût des fonds propres des assureurs, d’autant que l’adoption de nouvelles normes comptables à partir de 2013 va également peser sur leur rentabilité. Dans ce contexte, il est peu probable que les assureurs délivrent des taux attractifs sur les contrats d’assurance-vie dans les prochaines années.», souligne Gilles Ulrich, directeur général du groupe Le Conservateur.

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