L’assurance vie maintient le cap malgré les difficultés

Si, avec ses 1 308 milliards d’euros d’encours, l’assurance vie reste toujours le placement préféré des Français, en termes de capitalisation, et affiche des taux de collecte stables malgré la crise, la perspective de réforme de sa fiscalité, couplée à la baisse de rendement de certains produits, risquent bien de mettre un terme aux performances exceptionnelles, réalisées au cours des dernières années, et stopper cette croissance régulière, qui s’est établie, pour ce mois de juillet, à 8 %, permettant ainsi à ces contrats de récolter 92 milliards d’euros.

En effet, en cette période de crise, les épargnants sont, plus que jamais, à la recherche de formules offrant un bon rendement, sans pour autant être prêts à sacrifier la sécurité de leurs investissements, c’est pourquoi les fonds en euros, proposés par les assurances vie multisupports, restent le produit le plus prisé, comme en témoigne l’importance de leur collecte, représentant 87 % des montants déposés au mois de juillet, les fonds en unité de compte ne parvenant, quant à eux, à ne rassembler que 12,3 milliards d’euros, sur la même période.

Malgré des résultats corrects, certains indicateurs permettent d’émettre des doutes quant à la perduration de cette situation, dans un futur plus ou moins proche. Contraints, par le contexte particulièrement défavorable, à poursuivre le mouvement déjà amorcé, les taux de rémunération proposés par les fonds garantis des assurances vie devraient donc continuer de baisser, comme ils l’ont déjà fait entre 2005 et 2009, en passant de 4,20 % à 3,70 %. Ce phénomène devrait même être amplifié par la baisse des emprunts d’Etat, qui constituent aujourd’hui le principal support utilisé, par les assureurs, pour faire fructifier les sommes investies sur les fonds en euros.

Afin de limiter au maximum les répercussions d’un tel événement, les assureurs pourront, dans les premiers temps, recourir aux montants accumulés au titre de la provision pour participation aux excédents, mais une telle manœuvre ne devrait avoir qu’un effet limité, dans la mesure où ceux-ci ont déjà été, pour la plupart d’entre eux, sollicités pour maintenir les rendements de l’année 2008. Quoi qu’il en soit, les gérants de fonds en euros vont se voir contraints de trouver rapidement de nouveaux placements, afin de garantir des performances attractives pour leurs fonds garantis, faute de quoi les épargnants pourraient se tourner vers d’autres solutions d’investissement.

Une autre difficulté à venir réside dans le fait que le gouvernement, souhaitant lutter contre les niches fiscales, semble déterminé à remettre en cause le régime d’imposition des assurances vie, selon les dispositions prises, les conséquences sur ce placement risquent de s’avérer être relativement importantes. Un tel changement viendrait compliquer encore davantage la situation des assureurs, déjà confrontés, depuis le 1er août, aux mesures adoptées en juillet, limitant les taux de rémunération de leurs offres promotionnelles.

Etant parvenu jusqu’à présent à résister à la crise, il semblerait que l’assurance vie voit se profiler, devant elle, les premières grandes difficultés, obligeant les gestionnaires de ces placements, à rechercher de nouveaux produits, capables de susciter l’intérêt des épargnants.

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